[Littérature] VOST (Version Originale Sous-Titrée Français)

Auteure : Elodie Torrente

Genre : Littérature contemporaine

Edition : NDB Editions

Parution : Avril 2018

Nombre de pages : 226 pages

Résumé :

vostfr

Nina est sourde. Sullivan est acteur. Ils se rencontrent lors du tournage d’un long-métrage historique sur les sourds. C’est le coup de foudre. Comme au cinéma. Mais, à l’image des films français en salle, leur amour supportera-t-il de n’être pas sous-titré ?

« De Paris à Hollywood, d’Italie en Inde, de la fiction à la grande Histoire, les voix de Nina Keps et de Sullivan Juhel alternent pour montrer la difficulté de s’aimer dans une société qui refuse la différence. »

En quelques mots :

Ce que j’ai aimé : le sujet inédit traité dans cette histoire avec humour et dérision, la couverture très représentative du récit, la plume fluide et le vocabulaire précis, la réfléxion sur la société suscitée après lecture du roman

Ce que je n’ai pas aimé : il me manquait un certain attachement envers les personnages qui méritaient à mon sens d’être un peu plus développés, le second chapitre qui récapitule l’évolution des sourds et malentendants d’un point de vue historique

Mon avis :

Avant toute chose, je remercie sincèrement la maison d’édition pour cet envoi qui me vaut une découverte fort intéressante. En effet, la condition des sourds et malentendants dans la société est un sujet très peu évoqué voir inexistant en littérature. L’éditrice, étant particulièrement attachée à cette thématique, c’est une raison de plus de mettre en avant ce sujet qui mérite qu’on s’y intéresse et qui est malheureusement trop souvent délaissé. C’est d’ailleurs ce qui m’a énormément touchée lorsque nous avons noué nos premiers échanges par mail.

Après un premier recueil « Comment çà va, des nouvelles de nous », Elodie Torrente, conceptrice-rédactrice de son métier, met en lumière un sujet fort amené sur un ton humoristique qui apporte une dose de fraîcheur au récit. On suit ici le quotidien de Nina Keps, une jeune femme de vingt deux ans née sourde dans une famille d’entendants. Cela m’a très vite rappelé ce film qui a rencontré un franc succès sur grands écran : « La famille Bélier » qui m’avais d’ailleurs beaucoup touchée lorsque je l’avais vu au cinéma. Sauf qu’ici, c’est précisément la situation inverse ce qui se révèle intéressant si on prend le temps de faire le parallèle entre les deux oeuvres.

Nina, qui habite encore au domicile familial à Paris rêve de devenir comédienne et surpasser son handicap ne lui fait pas peur ! Bien au contraire. J’ai tout de suite apprécié son personnage, qui ne se laisse aucunement abattre et va de l’avant, comme toute personne « ordinaire ». Après tout, ce n’est pas parce qu’elle est dépourvue de son sens de l’ouïe qu’elle n’a pas le droit de croire en ses rêves, aussi fous soient-ils ! On est tous libres de rêver !

Le fait que le récit soit raconté à la première personne nous fait vite comprendre la situation de Nina, prenant pleinement part à ses réfléxions, ses pensées, ses émotions. Bien sûr, son parcours sera semé d’embûches, nées de la peur et l’intolérance de la nature humaine lorsqu’elle est confrontée à la différence. Pour autant, la jeune femme prend le tout avec humour, et ne baisse pas les bras, convaincue de son talent . Elle ira même jusqu’à voyager, faire des rencontres qui marqueront sa vie et détermineront son avenir. Le destin mettra aussi l’amour sur sa route…

Entre Paris et Los Angeles, l’histoire de Nina, héroïne pétillante et courageuse nous fait voyager dans les coulisses du cinéma, les difficultés des castings à répétition allant jusqu’à nous faire réfléchir sur l’importance des sous titres rendant accessible ce hobbie à parts égales à tout type de public.

C’est une histoire que je conseille à tous de découvrir, et qui mérite d’être mise entre les mains de tous pour prendre conscience de la difficulté qu’est de vivre au quotidien avec une déficience auditive. Je trouve qu’on ne se figure jamais assez combien cela demande des efforts constants pour s’intégrer à la société dans ce cas de figure ni combien on peut s’estimer chanceux de jouir de tous ses sens.

Bien que selon moi, l’histoire des personnages méritait davantage d’être approfondie pour susciter un attachement plus intense, le récit de Nina m’a énormément plu. C’est un roman rempli de fraîcheur, percutant qui nous en apprend beaucoup sur l’humain de manière générale et la surdité à travers les années. Le second chapitre joue d’ailleurs ce rôle ce qui m’a paru pesant sur le coup mais s’avère existentiel à la compréhension du récit. A proprement dit, c’est un hymne à la tolérance, à la compréhension de l’autre et de la place de la communauté sourde et malentendante, une remise en question de la société. Je recommande chaudement à tous ceux sensibles et curieux de comprendre ce sujet aussi délicat qu’important.

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s