[10 questions à] Bouffanges, auteur participant à « Voyager avec les auto-édités »

Hello mes passionnés !

Comme chaque jeudi nous nous retrouvons pour le [10 questions à]. Aujourd’hui pour l’interview de la semaine j’ai la joie et l’honneur d’accueillir Bouffanges, un des deux auteurs auto-édités ayant accepté de faire partir son roman « Triumvirat » en voyage pour l’aventure « Voyager avec les auto édités ». Je le remercie profondément d’avoir accepté de se prêter au jeu et vous laisse dès à présent faire sa connaissance.

1/ Pour commencer, peux tu te présenter en quelques mots? Qui es tu et quel est ton parcours?

J’écris sous le nom de plume de Bouffanges, depuis fort longtemps. Je suis par ailleurs vétérinaire, marié, deux enfants, et je vis en région lyonnaise. J’ai commis une trentaine de nouvelles, peut-être plus, et deux romans. Le second, Zombies, contrairement à ce que son nom indique, n’est pas une histoire de zombies, mais plutôt une histoire de société, née de l’indignation du traitement médiatique et politique des crises migratoires en Europe. Je l’ai publié avant mon premier roman, Triumvirat, qui met en scène un championnat du monde d’un jeu dérivé des échecs et tournant autour de la trahison, au sein duquel évolue un jeune homme qui hésite entre son talent et sa passion. Je travaille actuellement en parallèle sur un projet de roman et sur des nouvelles.


2/ Depuis combien de temps écris tu?

Pour autant que je m’en souvienne, depuis toujours. Plus probablement, depuis que je sais tracer des lettres. Ma toute première histoire remonte à des vacances à la montagne, quand j’avais 6 ou 7 ans. Ça parlait de chiens de traîneau et de crêpes. Va savoir pourquoi. Des crêpes Z, même. Parce que je trouvais la lettre Z hyper classe, à l’époque (je le reconnais, c’est parfaitement idiot, tout le monde sait que c’est le S, la lettre la plus classe).

Après, l’écriture a vraiment commencé à prendre de la consistance en 2001, année où j’ai achevé ma première nouvelle. Avant cela, des idées plein la tête, des bouts de machin un peu partout, des papiers cornés dans toutes les poches (et souvent dans les machines à laver), d’assez nombreux fichiers informatiques oubliés, mais rien de véritablement abouti.

3/As tu des habitudes d’écriture?

Une habitude innée : penser à mes histoires, partout, tout le temps, quelles que soient les circonstances. Il ne peut pas se passer une heure sans que je pense à l’une d’elles.

Des habitudes acquises, aussi. Parce que je suis un bordélique, en plus d’être un procrastinateur. Du coup, il m’a fallu une décennie pour m’organiser, et à présent, ça commence à rouler. Je n’ai pas vraiment d’habitude quotidienne, parce que j’ai un travail prenant à côté, mais je récupère tous les instants possibles pour écrire, et surtout, j’ai à présent une vraie méthode de travail, qui me permet de structurer mes histoires et de m’éviter de baisser les bras en cours de route. Certains auteurs partent bille en tête et arrive à bon port ; moi, si je pars sans avoir mon plan de vol, je me crashe en route, et généralement à un endroit qui n’était même pas entre le point de départ et le point d’arrivée supposé.


4/ Qu’elles sont tes autres passions en dehors de l’écriture ?

Je ne m’en connais pas d’autre, à part peut-être apprendre. Je me documente beaucoup, sur un peu tout. Mes derniers travaux m’ont ouvert à l’histoire des jeux combinatoires abstraits, à l’Europe antique, à l’histoire des jeux olympiques, à la géopolitique des années 60, à la physique quantique. Mais aucune passion ne rivalise avec l’écriture ; à vrai dire, quand je ne travaille pas, j’écris ou je pense à mes histoires. Et parfois même en travaillant.


5/ Qu’est ce qui t’a donné envie d’écrire? Quel(s) auteur(s) t’ont inspirés?

La première question ne s’est jamais posée comme ça : il n’a jamais été question que je n’écrive pas.

Pour ce qui est de mes auteurs fétiches, le tout premier, très haut dans la liste, est Jorge Luis Borges, le maître de la nouvelle. Je l’ai découvert vers 18 ans, et çà a été le choc de ma vie. Il ne passe jamais trois mois sans que je relise tel ou tel texte. Il m’a prouvé s’il était besoin que des idées amples n’appellent pas forcément des traitements bavards. Avec n’importe lequel de ses textes, on pourrait écrire un roman de 500 pages (et certains ne se sont pas gênés, d’ailleurs). Mais est-ce bien nécessaire, si 10 suffisaient ?

Auparavant, j’ai adoré Camus, dont l’absurde a croisé avec beaucoup de mes réflexions d’adolescence. C’est un des rares auteurs dont je peux m’enorgueillir d’avoir tout lu, théâtre et essais compris.

Après, il y a foule d’auteurs que je pourrais citer, d’Asimov à Saint Exupéry, en passant par Molière ou Poe, sans grande distinction de genre ou d’époque. Mais il faut être honnête : chaque livre est pour moi source de lentes réflexions, chaque phrase me donne envie de la réécrire, et d’écrire celle qui doit la suivre, ce qui ralentit beaucoup mon rythme de lecture. Par voie de conséquence, je ne suis qu’un piètre lecteur, et ne lis guère plus d’une vingtaine de livres par an, peut-être cinquante les grosses années.

Dans les auteurs modernes, j’aime beaucoup Antoine Bello, romancier inscrit dans la droite ligne de Borges, mais en version plus lisible.

6/ Quel est le mot que tu préfères? Et celui qui t’insupporte?

La question est très intéressante. Il y a quelques années, j’aurais passé ma nuit dessus. À l’époque je croyais beaucoup en les mots, en leur pouvoir individuel. J’adorais les mots anciens, et j’exécrais les modernes. J’invoquais avec plaisir des mots délicieusement surannés et bannissais les anglicismes et autres barbarismes.

À présent, je me crois un peu moins étroit d’esprit. Il me semble que les mots trop oubliés congédient certains lecteurs, ce qui est fort dommageable. Il n’y a aucune gloire à mes yeux à étaler une supériorité lexicale, quand la vraie richesse est, je crois, de parvenir à parler à tous, avec des mots ordinaires. La beauté réside moins dans les mots eux-mêmes, que dans l’élégance de leur agencement.

 

7/ Pour toi, qu’est ce qui est le plus simple dans l’écriture? Et le plus difficile?

Le plus simple, ce sont évidemment les idées, et la conception de l’histoire, parce que ça représente ce que j’aime. Le syndrome de la page blanche m’est totalement étranger, parce tout me sert d’idée. Une belle image, une discussion, un témoignage, un fait divers ou historique, une lecture, un film, une musique, qu’importe. Cet après-midi, j’ai emmené mes enfants voir une adaptation théâtrale d’Alice au pays des merveilles. J’en suis rentré avec des idées pour une adaptation modernisée en nouvelle. Que j’écrirai ou pas, je n’en sais rien. Cette partie-là m’est totalement naturelle et permanente.

De même, le façonnage de la structure narrative est mon plaisir secret. C’est à cette étape que je trouve le plus de jouissance. Chercher le bon axe narratif, essayer d’inventer de nouveaux procédés, c’est vraiment mon dada. J’ai modestement l’impression que c’est dans ce domaine que je peux apporter une contribution. Dans Zombies, j’ai adopté une structure que j’affectionne, qu’on pourrait appeler pompeusement la fragmentation impersonnelle, c’est-à-dire que je donne la parole à tout le monde, journalistes, politiciens, citoyens, médecins, mais jamais à ceux autour de qui tourne l’histoire, les zombies eux-mêmes. Le but est de mettre le lecteur au centre, de lui donner tous les éléments pour juger de la situation sans lui imposer mon éventuel point de vue. Dans Triumvirat, j’ai également intégré des fragments de journaux, de précis de stratégie, de commentaires d’adversaires, etc. toujours dans la même intention de faire participer le lecteur.

En revanche, je suis un feignant de l’écriture. Je n’ai plus la même réticence à me mettre au travail qu’avant, mais je reste poussif dans ce domaine. Il faut toujours que je m’oblige à me mettre devant un ordinateur. Comme disait je ne sais plus qui, je ne suis pas heureux d’écrire, mais heureux d’avoir écrit.

Enfin, la phase de retravail (l’editing) m’est insupportable. Je déteste relire ce que j’ai écrit, d’autant que souvent ça me conduit à devoir en réécrire d’assez gros morceaux quand ce n’est pas la totalité, ce qui m’est une corvée parfois capable à elle seule de me faire jeter l’éponge.

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8/ Tu as été choisi pour participer au projet « Voyager avec les auto édités » mis en place par Passion Cultur’All.
Qu’est ce qui t’as donné envie de te joindre à cette idée et de proposer ton livre pour partir en voyage ?

Ce que j’aime dans le monde des auto-édités, c’est que beaucoup ont compris que leur force et leur avenir passaient par le collectif. Passion Cultur’All, ainsi que quelques autres blogueurs, sont des relais incroyables pour les auto-édités. J’aime les échanges, et quand un échange fonctionne, je suis toujours partant à fond.

Passion Cultur’All représente tout ce que j’aime, du dynamisme, de la bienveillance, de la gentillesse. Donc quand tu me demandes quelque chose, d’office, c’est oui.

Vous vous doutez bien que je ne pouvais pas ne pas réagir à cette réponse. D’ailleurs je n’ai aucunement payé l’auteur (si, si, promis, juré !) pour tous ces compliments qui me vont droit au coeur ! Pour l’anecdote, relire l’interview avant de la mettre en ligne ici m’a valu une larmichette… CE sont ces genres de retours qui me motivent encore plus à m’investir dans ce blog ! Bref, ce n’est pas de moi qu’il est question ici… Poursuivons avec Bouffanges. 

 

9/ Tu fais également parti des auteurs participants au projet du webzine « L’Indé Panda ». Si tu étais donc un panda célèbre lequel serais tu?

Quelle question tordue ! Hem, je dirais Rorschah, l’anti-héros du comic Watchmen d’Alan Moore. Ce n’est pas vraiment un panda, mais dans les taches de Rorschah, chacun voit ce qu’il veut voir, c’est un peu le principe, non ? Plus sérieusement, j’ai lu assez récemment ce comic, et ç’a été une révélation. Depuis toujours je suis attiré par les histoires de superhéros, mais suis toujours déçu par leur traitement le plus souvent idiot et plat. Alan Moore a réussi le tour de force de raconter une histoire de superhéros humains, pour la plupart dépourvus de tout pouvoir, mais investis d’une détermination infaillible. Quant à Rorschah, l’enquêteur narrateur, il représente ce que j’aime : l’absence de compromission, l’entêtement, la singularité. En plus d’une certaine esthétique.

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L’Indé Panda, par ailleurs, est la plus belle aventure littéraire à laquelle j’aie eu la chance de participer. Une collectivité d’auteurs, qui cherchent à œuvrer ensemble à une reconnaissance collective. Cette initiative unit des auteurs de tous horizons, de genres, de styles, de sensibilités incroyablement distants, et qui pourtant s’entendent comme larrons en foire.

10/ Un dernier mot aux abonnés qui souhaiteraient découvrir ta plume?

Je propose actuellement la nouvelle « Votez Blanc » gratuitement sur amazon. Écrite en 2014 et publiée initialement dans le premier numéro de l’Indé Panda, elle est enfin de circonstance, puisqu’elle met en scène un homme désabusé, Noël Blanc, qui décide de se présenter à l’élection présidentielle sous le slogan « vous voulez voter blanc ? Votez Noël Blanc ! », projet initialement un peu court qui prendra progressivement de l’ampleur.

Zombies, mon roman le plus accessible et le plus rapide à lire, est disponible au format numérique pour la somme exorbitante de 0,99€.

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Triumvirat et ses 344 pages sont quant à eux accessibles pour la somme pharaonique de 2,99€.

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Mais à vrai dire, s’il se trouve des lecteurs passionnés que le prix effraie, je suis un panda facile à amadouer. Il suffit de venir faire un tour sur ma page facebook et de me faire les yeux doux pour que j’offre bien volontiers ce qu’on me demande avec gentillesse.

Encore un grand merci à Bouffanges d’avoir pris le temps de répondre à mes questions. Pour suivre les actualités de l’auteur, rendez-vous dès à présent sur sa page:

votez-blanc

Cette interview vous a plu? N’hésitez pas à partager l’article ou laisser votre avis en commentaire =)

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Une réflexion sur “[10 questions à] Bouffanges, auteur participant à « Voyager avec les auto-édités »

  1. Lemagdalexia dit :

    A reblogué ceci sur Le mag d'Alexiaet a ajouté:
    Voici la magnifique interview de l’auteur Bouffange par ma copine blogueuse Hélène dans le cadre du livre voyageur. J’ai de + l’honneur de vous annoncer que j’ai finis « Triumvirat » de cet auteur, aujourd’hui même 🙂
    Bientôt sur mon blog 🙂

    J'aime

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